Si vous avez vu passer un titre sur Teams qui surveille le Wi-Fi des gens, il s'agit d'une vraie fonctionnalité, et elle est en cours de déploiement. Elle s'appelle Workplace Check-In et fait partie de Microsoft Places, la couche de planification des espaces de travail que Microsoft construit dans Teams et Outlook. Elle a fait pas mal de bruit, en partie justifié, en partie exagéré. Voici ce qu'elle fait vraiment.
Comment ça marche
Quand votre appareil se connecte au réseau Wi-Fi de bureau configuré par votre organisation, ou à un équipement de bureau enregistré, comme un écran partagé, Teams y voit le signal que vous êtes physiquement dans les locaux. Votre lieu de travail se met à jour en conséquence, et ça apparaît à quelques endroits : votre fiche de contact, les plans d'étage dans Places et les vues de planification dans Outlook, pour que vos collègues voient en gros qui est là.
Déconnectez-vous de ce réseau, ou ne vous y connectez jamais, et il n'y a tout simplement rien à pointer. Votre lieu de travail s'affiche comme À distance.
La vérification n'a lieu que pendant les heures de travail définies dans votre calendrier Outlook, et la documentation de Microsoft précise bien qu'elle ne conserve aucun historique de localisation et ne suit pas vos déplacements. C'est un signal du jour, dans les locaux ou non, pas un historique de positions.
Qui en a vraiment le contrôle
C'est la partie qui mérite d'être bien comprise, parce que c'est là que se situe la vraie friction. Workplace Check-In est désactivé par défaut pour toutes les organisations. Mais l'activer n'est pas un choix individuel : c'est un réglage au niveau du tenant, qu'un administrateur informatique active, comme il déploierait n'importe quelle autre fonctionnalité Microsoft 365.
Concrètement, si votre employeur l'active, vous n'avez aucun interrupteur personnel pour vous en retirer tout en restant sur le Wi-Fi du bureau. La seule façon réaliste d'éviter le pointage, hors exemption accordée par un admin, c'est de ne pas connecter votre appareil au réseau configuré. Que ce soit faisable pour vous dépend évidemment de votre poste.
La position publique de Microsoft, via l'équipe derrière Places, c'est que le signal est volontairement étroit : il ne se déclenche que sur les réseaux que l'organisation a explicitement configurés, et ne va pas jusqu'à vous suivre ailleurs. Techniquement, c'est un argument raisonnable. Il ne répond pas entièrement à l'autre question, celle de savoir si les employés ont vraiment leur mot à dire sur son activation, et c'est justement ce point qui a suscité de vraies critiques chez les commentateurs soucieux de la vie privée.
Ce que ce n'est pas
Autant être clair sur la frontière, parce qu'il est facile de confondre ça avec l'autre chose que Teams surveille : votre statut de présence, le point vert ou jaune à côté de votre nom.
Ce sont deux systèmes totalement distincts. Votre statut de présence dépend de l'activité du clavier et de la souris, et du verrouillage de votre écran. Workplace Check-In dépend uniquement du réseau Wi-Fi auquel votre appareil est connecté. L'un dit si vous êtes actif. L'autre dit où vous êtes physiquement. Rien dans Workplace Check-In ne regarde votre clavier, votre souris ni ce que vous faites sur l'appareil, et rien dans votre statut de présence ne regarde votre connexion réseau.
Ça veut aussi dire que rien de ce qui gère votre statut de présence, un mouse jiggler, un auto-clicker, peu importe, n'a le moindre effet sur Workplace Check-In, dans un sens comme dans l'autre. Il lit simplement un autre signal.
Ce que ça change pour vous
Si votre organisation ne l'a pas activé, rien de tout ça ne vous concerne encore, mais autant savoir que ça existe avant que ce soit le cas. Si elle l'a activé, le résumé honnête, c'est : un signal du jour, basé sur le réseau, au bureau ou non, pas un traçage GPS silencieux ni un journal de vos déplacements, mais pas non plus quelque chose que vous pouvez désactiver vous-même si votre employeur l'a activé. Si cette distinction compte pour vous, c'est votre service informatique ou vos RH qui ont la vraie réponse pour votre lieu de travail, pas un réglage quelque part dans votre propre client Teams.
Et si ce qui vous a vraiment amené ici, c'est la crainte plus classique, « est-ce que Teams voit que je me suis éloigné de mon poste ? », il s'agit d'une tout autre fonctionnalité, couverte dans notre guide pour garder votre statut Teams au vert.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Workplace Check-In de Teams ?
C'est une fonctionnalité de Microsoft Places qui met à jour votre lieu de travail automatiquement quand votre appareil se connecte au Wi-Fi de bureau configuré par votre organisation, ou à un périphérique enregistré, comme un écran partagé. Ce lieu apparaît ensuite sur votre fiche de contact, dans les plans d'étage de Places et dans la planification Outlook.
Workplace Check-In suit-il ma position exacte ou mes déplacements ?
Non. Microsoft décrit elle-même la fonctionnalité comme ne conservant aucun historique de localisation et ne suivant pas les déplacements. C'est un signal binaire, sur le réseau de bureau configuré ou non, vérifié pendant vos heures de travail Outlook, et il s'efface en fin de journée.
Puis-je désactiver Workplace Check-In moi-même ?
Il est désactivé par défaut pour toutes les organisations, mais la décision de l'activer revient à un administrateur du tenant, pas aux employés individuellement. Si votre organisation l'a activé, la façon pratique de ne pas pointer, c'est de ne pas vous connecter au réseau de bureau configuré. Demandez directement à votre service informatique si vous voulez une réponse définitive pour votre lieu de travail.
Workplace Check-In est-il la même chose que le statut Absent/Actif dans Teams ?
Non, ce sont des systèmes sans rapport. Votre statut de présence, le point vert, dépend de l'activité du clavier et de la souris sur votre appareil. Workplace Check-In dépend du réseau physique auquel vous êtes connecté. Un mouse jiggler ou un auto-clicker agit sur le premier et n'a aucun effet sur le second, puisque le check-in ne regarde pas du tout l'activité de l'appareil.